2006

 PROGRAMMATION DU BRUIT DE LA NEIGE 2006

Programme 2006

 
 

 

Mardi 14 mars METANKIME

METAMKINE

La Cellule d'Intervention METAMKINE est une structure à géométrie variable regroupant différents musiciens et cinéastes. Depuis 1987, ils ont présenté leur travail dans plusieurs festivals, cinémas, galeries et espaces indépendants, en France, Europe, Canada, Etats-Unis et Japon. Ils développent aussi des collaborations avec d'autres groupes comme Nachtluft (Suisse), Kinobits avec Lê Quan Ninh, Zack Settel, Atau Tanaka, Camel Zekri (France), Loophole Cinema (Angleterre), Voice Crack (Suisse), La Flibuste (France) ou Le Cube (avec Gaëlle Rouard, Etienne Caire, Christophe Cardoen, Lionel Marchetti). En parallèle à ses interventions, la Cellule METAMKINE réalise également des installations sonores et visuelles.

Le musicien et les cinéastes sont sur scène, faisant face au public. Deux miroirs installés dans la salle reflètent les images sur un écran placé derrière eux. Sons et images sont travaillés en direct. La Cellule d'Intervention développe une idée de jeu entre image et son, le projecteur cinéma étant un instrument comme le magnétophone à bandes par exemple. Du cinéma pour les oreilles, de la musique pour les yeux.

Jérôme NOETINGER, dispositif électroacoustique.

Christophe AUGER, projecteurs cinéma.

Xavier QUÉREL, projecteurs cinéma.

 

 

"La Cellule d'Intervention Metamkine est formée de Christophe Auger, Xavier Quérel et Jérôme Noetinger. Leurs performances allient projections 16mm et super 8 et musique électroacoustique, dans la grande tradition du "cinéma élargi" et d'un médium cinématographique sculptural (qui n'est pas sans rappeler leurs ancêtres psychédéliques, Ben Van Meter, Andy Warhol et son Exploding Plastic Inevitable). Ils travaillent "au corps" un matériau composé de sons et d'images hétéroclites, parfois trouvés (found footage) ou volés. Sans doute font-ils partie de cette génération d'artistes, aussi bien présents dans le domaine de la musique que des arts visuels, qui se sont donnés pour tâche d'investir totalement leur médium, de le rendre malléable (et expressif) au possible. Il y a chez Metamkine quelque chose de l'ordre de la saturation, de l'inflation, de la surenchère, bref de l'hallucination. Mais ils parviennent toujours à déjouer, parfois avec humour, toute interprétation ou comparaison hâtive. Leurs interventions ne constituent ni une déconstruction manichéenne (ou conceptuelle) du médium audiovisuel, ni une expérience post-psychédélique, ni même une dérive purement plastique du cinéma expérimental."

Jean-Yves Barbichon, Nov'Art n°11, juillet-août 1993.

"Pour bien comprendre Metamkine, il me semble qu'il faut les replacer dans leur environnement culturel et artistique. Par Jérôme Noetinger, Metamkine est aussi un label et un distributeur de disques de référence dans le monde des musiques nouvelles. Revue & Corrigée, l'un des meilleurs magazines dédiés aux musiques dites nouvelles et expérimentales est porté par le même Jérôme. Metamkine, c'est aussi les membres piliers de Art Toung !, l'association programmatrice de cinéma expérimental et de concerts au 102, lieu culturel indépendant, autofinancé et incontournable de Grenoble. Et derrière les deux cinéastes se cache le labo MTK qui permet aux "amateurs" de réaliser eux-mêmes les étapes si importantes du développement et du tripatouillement chimique de l'émulsion cinématographique. C'est ce même labo MTK qui est à l'origine de la dynamique qui se crée en France depuis plus d'un an chez les cinéastes pour concrétiser d'autres laboratoires de ce type.

[...]

Metamkine, c'est avant tout un travail sur le médium cinématographique qui s'inscrit dans la tradition de l' "Expended cinema" ou cinéma élargi. Mais pour eux les problèmes théoriques et historiques restent annexes. Leur pratique ne naît pas d'une théorisation ou de l'existence du cinéma expérimental dont l'histoire et les mouvances actuelles ne leur sont apparues qu'après les débuts. Pourtant leur travail, dans son ensemble, est sûrement un des plus riches et des plus moteurs en France.

Les deux cinéastes s'affichent comme des joueurs de projecteurs qui interprètent des pièces préparées, comme peut le faire un guitariste. L'instrument, ici le projecteur, se joue avec des photogrammes, des filtres colorés, des prismes, des perceuses ou encore des produits chimiques. Durant la réalisation d'une pièce, Metamkine joue de ses images, de found footage et, comme point nodal des précédents, de flux lumineux au sens large. En effet, la variation à partir de la lumière a toujours été présente et, peut-être depuis leur rencontre avec Loophole Cinema, la lumière du projecteur se conjugue avec des allumettes ou des lampes de poche. La multiplicité des sources lumineuses et leur diffusion grâce à un système de miroir fait de l'écran un espace où interfèrent, se superposent et s'accouplent des images et de la lumière. C'est ici que l'on peut introduire la notion de polyptyque. Le film se structure comme des panneaux qui se confrontent ou qui s'ouvrent vers un autre ensemble. A ce titre, l'expérience Kinobits prolonge de manière évidente cette idée de polyptyque à plusieurs ouvertures.

En symbiose, Jérôme Noetinger utilise son impressionnant et facétieux ensemble sonore. Des boucles magnétiques, des synthétiseurs analogiques et de nombreux bricolages, de la machine à café à la roue de vélo affublées de micro-contacts, se mixent avec des éléments préenregistrés. La puissance de l'interprétation sonore n'est jamais dans une virtuosité d'accompagnement des images. A contrario de la majorité des productions cinématographiques dont le son est bâclé et relégué à un rôle secondaire d'ambiance, Metamkine fusionne les images et le son. Conçu de manière semblable aux accords visuels, le film gagne une unité qui s'empare du spectateur. L'origine de cette intelligence de création est à chercher dans la connaissance du médium : les trois membres de Metamkine travaillent avec une culture musicale ou de cinéma expérimental quasi-similaire. Le questionnement de la matière de l'autre devient plus naturel et le film peut se construire en toute connaissance de cause.

A cet égard, depuis le début de l'année, il m'a été possible d'apprécier leurs collaborations avec Kinobits et Nachtluft. Si la première semble prolonger le travail de Metamkine vers le polyptyque à plusieurs ouvertures (un autre élément visuel intéressant est la réutilisation d'images utilisées dans d'anciennes pièces) et l'exploration sonore articulée autour de l'outil numérique, la seconde la transcende.

Chez Nachtluft / Metamkine, la lumière et le son envahissent l'espace. Le polyptyque sonore et visuel s'implante. Du craquement des allumettes des différents interprètes aux boucles des cinéastes, le son s'impose et tourne afin de prendre possession d'un espace clos par les images. Le spectateur est pris dans un environnement qui le renvoie à lui-même.

Par la force des choses, Metamkine explore un pan de notre espace et nous met à l'épreuve dans des expériences qui nous subjuguent."

Jean-Damien Collin, Limelight N°53, octobre 1996.

"Si nous faisions un recensement des autodidactes, nous découvririons certainement que leurs rangs regorgent de musiciens. En dehors du milieu classique, on les trouve aussi parmi les innovateurs célèbres (tels Ornette Coleman et Jimi Hendrix). Et si le mouvement punk de la fin des années soixante-dix ne vous a pas laissé une forte impression, il a cependant démontré une thèse importante : pas besoin d'être virtuose pour faire de la musique. C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin d'être virtuose pour faire de la vraie musique, une musique qui ait un impact.

Selon sa propre définition, Metamkine se désigne comme une cellule d'intervention. Dans les deux biographies de ses trois membres, il est noté : "formation autodidacte". Leurs performances ont un impact viscéral qui se garde d'oublier l'intelligence. Leur matériau, c'est le film et le son. Mais ils ne refusent pas qu'on leur dise qu'ils ressemblent à un groupe musical. Sur scène, ils font face au public ; ils ont des instruments dont ils "jouent" et c'est par l'intermédiaire de ces instruments qu'ils sont en interaction les uns avec les autres ; ils répètent des morceaux, ils improvisent ; ils utilisent le rythme, l'orchestration ; ils ont joué dans des clubs de rock, des festivals de jazz, des salles de concert, ils collaborent de temps en temps avec d'autres musiciens. Comme ils n'utilisent pas d'instruments de musique "normaux", il est absurde de se poser la question de la virtuosité. Mais pour qui les a vus en public, il est évident qu'ils savent exactement ce qu'ils font.

Basé à Grenoble, Metamkine est un trio créé en 1987, comprend deux cinéastes et un musicien. Christophe Auger et Xavier Quérel manient des projecteurs super 8 et 16mm pointés en direction du public, où l'image jaillit de deux grands miroirs ou plus, avant de parvenir sur l'écran qui est au fond de la scène. Le son provient de synthétiseurs analogiques, de bandes en boucles et des objets amplifiés de Jérôme Noetinger. Selon leurs termes, "ce n'est pas un travail théorique. C'est totalement empirique. L'un de nous fait le son, les autres, les images. Le moment important, c'est la confrontation sur scène."

Metamkine nous offre l'expérience rare d'une musique libérée de toute servitude par rapport au cinéma, un cinéma live projeté comme de la musique, avec des projectionnistes qui manifestent une spontanéité d'instrumentistes. Cet esprit d'improvisation abouti est mis au service de compositions extrêmement répétées et l'empathie sur scène vise aussi souvent la subversion des attentes que l'affirmation joyeuse d'un travail de musique collective. Il est évident que Metamkine appartient à la tradition du cinéma expérimental, une tradition qu'ils contribuent à approfondir en jouant comme un groupe musical."

Tom Cora, programme Festival Klangspuren, Schwaz (Autriche), septembre 1996.

Traduit de l'anglais par Cécile Wajsbrot.

"Comme moi, ils ne cherchent pas à fonctionner en autarcie mais à minimiser leur dépendance. En manipulant les matériaux, les projecteurs, les morceaux de pellicule, ils pratiquent une forme d'engagement à la fois très nouvelle et en rapport avec la scène alternative américaine des années 60. J'aime leur violence, l'énergie qu'ils déploient pour cela, ce mélange d'amour pour les choses du cinéma et de mépris pour ce qu'il est devenu".

Robert Kramer

 

CV

Christophe AUGER. Né le 13 avril 1966. Vit à Cras (38). Membre fondateur de la Cellule d'Intervention METAMKINE. Etudes de lettres de 1986 à 1988. Technicien de laboratoire photographique professionnel de 1989 à 1995. Photographie expérimentale depuis 1986, formation autodidacte : affiches, pochettes de disques, press-book et expositions. Membre de Art Toung ! (programmation de cinéma expérimental au 102, rue d'Alembert à Grenoble) de 1990 à 1995. Depuis 1988, réalise en autodidacte des films expérimentaux en super 8 et 16mm. Participe à divers workshops ou stage de formation cinéma pour enfants et adultes. Membre fondateur des "Ateliers MTK", laboratoire cinématographique artisanal à Grenoble de 1992 à 1998. Co-fondateur, en 1999 de l'Atelier "Ad libitum", consacré à la restauration de films expérimentaux et à la recherche sur l'image et le son.

Xavier QUÉREL. Né le 7 décembre 1966. Vit à Grenoble. Cinéaste, formation autodidacte. Réalise des films expérimentaux (super 8 et 16mm) depuis 1990. Membre de la "Cellule d'Intervention METAMKINE" depuis 1990 (groupe qui présente des performances où musique et film sont travaillés en direct). Membre de "Art Toung !" depuis 1990 (programmation de cinéma expérimental au 102, rue d'Alembert à Grenoble). Co-fondateur en 1992 des "Ateliers MTK", laboratoire cinématographique artisanal à Grenoble : développement, tirage et trucage de films S8 et 16mm. Concepteur et animateur de divers ateliers cinéma menés en milieu scolaire (école primaire, collège ou lycée). Participe en tant qu'intervenant à divers workshops, universités d'été ou stages de formation cinéma pour adultes ou étudiants. Travaux cinéma/lumière pour le spectacle vivant, notamment, depuis 1995 avec le groupe "Ici-Même" : regroupement d'artistes aux activités diverses qui propose des recherches où scénographie, son, geste, mouvement, image et lumière sont travaillés conjointement, la plupart du temps dans des lieux particuliers (friche industrielle, champs, parking, rue, cour intérieure.).

Jérôme NOETINGER. Né le 25 avril 1966. Membre fondateur de la Cellule d'Intervention Metamkine. Dirige le label de musique concrète Metamkine et s'occupe d'un catalogue de vente par correspondance spécialisé dans les musiques électroacoustiques et improvisées. Membre du comité de rédaction du magazine trimestriel Revue & Corrigée. Compose des musiques concrètes en studio. Travaille sur scène avec un dispositif électroacoustique regroupant magnétophones à bande, table de mixage, synthétiseurs analogiques, électroniques, micros-contacts, hauts-parleurs. Réalise également des conférences, des animations ou des ateliers. Autres projets : Duo avec Lionel Marchetti depuis 1993. Membre du MIMEO depuis 1997. Quintet Avant avec Lionel Marchetti, Jean Pallandre, Marc Pichelin et Laurent Sassi.

Discographie :
  • "Gloire à." Metamkine MKCD005
  • Soixante Etages "De sa bouche de loup" 33revpermi CD 9708
  • MIMEO "s/t" Perdition Plastics per009
  • MIMEO "Electric chair + table" Grob 206/7
  • Marchetti / Noetinger / Werchowski Corpus Hermeticum Hermes 034
  • Lionel Marchetti / Jérôme Noetinger Staalplaat Mort aux vaches
  • Voice Crack / Lionel Marchetti / Jérôme Noetinger "double_wash" Grob 318
  • "Le fixe du risque" sur compilation "Musique Action Vol. 2" Vand'?uvre CD 9509
  • "Le ballon rouge" sur compilation "Testament" RRRecords RRR CD 21
  • "-" et "--" avec Lionel Marchetti sur RLW "Tulpas" Selektion SCD024
  • "Störungen à la radio" sur compilation "End Id" Digital Narcis DNCD 20C
  • "The Toy Drummer" sur compilation "Erratum N°2" EM002
  • "Larsen lux" sur compilation "Variious" Intransitive int013
  • "28 [memory machine]" avec Lionel Marchetti et Peter Morrens sur compilation AO3 Durian guerilla 050-2

Soirée surprise du 19 mai à la machine Utile

 

Musique, peinture, photo, vidéo, installations avec :

Pascal (Aérosteele) objets lourds et mobiles

Martin (peinture)

Juju

Autoportrait

Dom ( photos ) tendance humide

Pierre (voyelles ) images "signé Cactus"

Sans nom ( vidéo )

Programme musique mixte avec traitements informatique :

Solo Contrebasse avec Dr Jacquar

Solo bouteilles avec Pascal et Dr Jacquar

Solo percu avec Etienne

Duo clarinette et contrebasse avec Reinette et Dr Jacquar

Duo Jean et Fany " Pascal "

Trio percussion " Mabel " avec Dr Jacquar, Anik et peremick

Programme acousmatique:

A september in malaysia de Jean-Louis Belmonte

Se prohibe cantar de Felipe Caramelos

Où est le danger ! de Bernard Donzel-Gargand

Elso de la guerra de Io Casino

Création de Mabel avec Anik Coggins

 

Voiture

Présentation