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La Cellule d'Intervention METAMKINE est
une structure à
géométrie variable
regroupant différents musiciens et
cinéastes. Depuis 1987, ils ont
présenté leur travail dans
plusieurs festivals, cinémas,
galeries et espaces indépendants,
en France, Europe, Canada, Etats-Unis et
Japon. Ils développent aussi des
collaborations avec d'autres groupes comme
Nachtluft (Suisse), Kinobits avec Lê
Quan Ninh, Zack Settel, Atau Tanaka, Camel
Zekri (France), Loophole Cinema
(Angleterre), Voice Crack (Suisse), La
Flibuste (France) ou Le Cube (avec
Gaëlle Rouard, Etienne Caire,
Christophe Cardoen, Lionel Marchetti). En
parallèle à ses
interventions, la Cellule METAMKINE
réalise également des
installations sonores et visuelles.
Le musicien et les cinéastes
sont sur scène, faisant face au
public. Deux miroirs installés dans
la salle reflètent les images sur
un écran placé
derrière eux. Sons et images sont
travaillés en direct. La Cellule
d'Intervention développe une
idée de jeu entre image et son, le
projecteur cinéma étant un
instrument comme le magnétophone
à bandes par exemple. Du
cinéma pour les oreilles, de la
musique pour les yeux.
Jérôme NOETINGER,
dispositif électroacoustique.
Christophe AUGER, projecteurs
cinéma.
Xavier QUÉREL, projecteurs
cinéma.
"La Cellule d'Intervention Metamkine
est formée de Christophe Auger,
Xavier Quérel et
Jérôme Noetinger. Leurs
performances allient projections 16mm et
super 8 et musique
électroacoustique, dans la grande
tradition du "cinéma élargi"
et d'un médium
cinématographique sculptural (qui
n'est pas sans rappeler leurs
ancêtres
psychédéliques, Ben Van
Meter, Andy Warhol et son Exploding
Plastic Inevitable). Ils travaillent "au
corps" un matériau composé
de sons et d'images
hétéroclites, parfois
trouvés (found footage) ou
volés. Sans doute font-ils partie
de cette génération
d'artistes, aussi bien présents
dans le domaine de la musique que des arts
visuels, qui se sont donnés pour
tâche d'investir totalement leur
médium, de le rendre
malléable (et expressif) au
possible. Il y a chez Metamkine quelque
chose de l'ordre de la saturation, de
l'inflation, de la surenchère, bref
de l'hallucination. Mais ils parviennent
toujours à déjouer, parfois
avec humour, toute interprétation
ou comparaison hâtive. Leurs
interventions ne constituent ni une
déconstruction manichéenne
(ou conceptuelle) du médium
audiovisuel, ni une expérience
post-psychédélique, ni
même une dérive purement
plastique du cinéma
expérimental."
Jean-Yves Barbichon, Nov'Art n°11,
juillet-août 1993.
"Pour bien comprendre Metamkine, il me
semble qu'il faut les replacer dans leur
environnement culturel et artistique. Par
Jérôme Noetinger, Metamkine
est aussi un label et un distributeur de
disques de référence dans le
monde des musiques nouvelles. Revue &
Corrigée, l'un des meilleurs
magazines dédiés aux
musiques dites nouvelles et
expérimentales est porté par
le même Jérôme.
Metamkine, c'est aussi les membres piliers
de Art Toung !, l'association
programmatrice de cinéma
expérimental et de concerts au 102,
lieu culturel indépendant,
autofinancé et incontournable de
Grenoble. Et derrière les deux
cinéastes se cache le labo MTK qui
permet aux "amateurs" de réaliser
eux-mêmes les étapes si
importantes du développement et du
tripatouillement chimique de
l'émulsion
cinématographique. C'est ce
même labo MTK qui est à
l'origine de la dynamique qui se
crée en France depuis plus d'un an
chez les cinéastes pour
concrétiser d'autres laboratoires
de ce type.
[...]
Metamkine, c'est avant tout un travail
sur le médium
cinématographique qui s'inscrit
dans la tradition de l' "Expended cinema"
ou cinéma élargi. Mais pour
eux les problèmes théoriques
et historiques restent annexes. Leur
pratique ne naît pas d'une
théorisation ou de l'existence du
cinéma expérimental dont
l'histoire et les mouvances actuelles ne
leur sont apparues qu'après les
débuts. Pourtant leur travail, dans
son ensemble, est sûrement un des
plus riches et des plus moteurs en
France.
Les deux cinéastes s'affichent
comme des joueurs de projecteurs qui
interprètent des pièces
préparées, comme peut le
faire un guitariste. L'instrument, ici le
projecteur, se joue avec des photogrammes,
des filtres colorés, des prismes,
des perceuses ou encore des produits
chimiques. Durant la réalisation
d'une pièce, Metamkine joue de ses
images, de found footage et, comme point
nodal des précédents, de
flux lumineux au sens large. En effet, la
variation à partir de la
lumière a toujours
été présente et,
peut-être depuis leur rencontre avec
Loophole Cinema, la lumière du
projecteur se conjugue avec des allumettes
ou des lampes de poche. La
multiplicité des sources lumineuses
et leur diffusion grâce à un
système de miroir fait de
l'écran un espace où
interfèrent, se superposent et
s'accouplent des images et de la
lumière. C'est ici que l'on peut
introduire la notion de polyptyque. Le
film se structure comme des panneaux qui
se confrontent ou qui s'ouvrent vers un
autre ensemble. A ce titre,
l'expérience Kinobits prolonge de
manière évidente cette
idée de polyptyque à
plusieurs ouvertures.
En symbiose, Jérôme
Noetinger utilise son impressionnant et
facétieux ensemble sonore. Des
boucles magnétiques, des
synthétiseurs analogiques et de
nombreux bricolages, de la machine
à café à la roue de
vélo affublées de
micro-contacts, se mixent avec des
éléments
préenregistrés. La puissance
de l'interprétation sonore n'est
jamais dans une virtuosité
d'accompagnement des images. A contrario
de la majorité des productions
cinématographiques dont le son est
bâclé et
relégué à un
rôle secondaire d'ambiance,
Metamkine fusionne les images et le son.
Conçu de manière semblable
aux accords visuels, le film gagne une
unité qui s'empare du spectateur.
L'origine de cette intelligence de
création est à chercher dans
la connaissance du médium : les
trois membres de Metamkine travaillent
avec une culture musicale ou de
cinéma expérimental
quasi-similaire. Le questionnement de la
matière de l'autre devient plus
naturel et le film peut se construire en
toute connaissance de cause.
A cet égard, depuis le
début de l'année, il m'a
été possible
d'apprécier leurs collaborations
avec Kinobits et Nachtluft. Si la
première semble prolonger le
travail de Metamkine vers le polyptyque
à plusieurs ouvertures (un autre
élément visuel
intéressant est la
réutilisation d'images
utilisées dans d'anciennes
pièces) et l'exploration sonore
articulée autour de l'outil
numérique, la seconde la
transcende.
Chez Nachtluft / Metamkine, la
lumière et le son envahissent
l'espace. Le polyptyque sonore et visuel
s'implante. Du craquement des allumettes
des différents interprètes
aux boucles des cinéastes, le son
s'impose et tourne afin de prendre
possession d'un espace clos par les
images. Le spectateur est pris dans un
environnement qui le renvoie à
lui-même.
Par la force des choses, Metamkine
explore un pan de notre espace et nous met
à l'épreuve dans des
expériences qui nous
subjuguent."
Jean-Damien Collin, Limelight
N°53, octobre 1996.
"Si nous faisions un recensement des
autodidactes, nous découvririons
certainement que leurs rangs regorgent de
musiciens. En dehors du milieu classique,
on les trouve aussi parmi les innovateurs
célèbres (tels Ornette
Coleman et Jimi Hendrix). Et si le
mouvement punk de la fin des années
soixante-dix ne vous a pas laissé
une forte impression, il a cependant
démontré une thèse
importante : pas besoin d'être
virtuose pour faire de la musique.
C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin
d'être virtuose pour faire de la
vraie musique, une musique qui ait un
impact.
Selon sa propre définition,
Metamkine se désigne comme une
cellule d'intervention. Dans les deux
biographies de ses trois membres, il est
noté : "formation autodidacte".
Leurs performances ont un impact
viscéral qui se garde d'oublier
l'intelligence. Leur matériau,
c'est le film et le son. Mais ils ne
refusent pas qu'on leur dise qu'ils
ressemblent à un groupe musical.
Sur scène, ils font face au public
; ils ont des instruments dont ils
"jouent" et c'est par
l'intermédiaire de ces instruments
qu'ils sont en interaction les uns avec
les autres ; ils répètent
des morceaux, ils improvisent ; ils
utilisent le rythme, l'orchestration ; ils
ont joué dans des clubs de rock,
des festivals de jazz, des salles de
concert, ils collaborent de temps en temps
avec d'autres musiciens. Comme ils
n'utilisent pas d'instruments de musique
"normaux", il est absurde de se poser la
question de la virtuosité. Mais
pour qui les a vus en public, il est
évident qu'ils savent exactement ce
qu'ils font.
Basé à Grenoble,
Metamkine est un trio créé
en 1987, comprend deux cinéastes et
un musicien. Christophe Auger et Xavier
Quérel manient des projecteurs
super 8 et 16mm pointés en
direction du public, où l'image
jaillit de deux grands miroirs ou plus,
avant de parvenir sur l'écran qui
est au fond de la scène. Le son
provient de synthétiseurs
analogiques, de bandes en boucles et des
objets amplifiés de
Jérôme Noetinger. Selon leurs
termes, "ce n'est pas un travail
théorique. C'est totalement
empirique. L'un de nous fait le son, les
autres, les images. Le moment important,
c'est la confrontation sur
scène."
Metamkine nous offre
l'expérience rare d'une musique
libérée de toute servitude
par rapport au cinéma, un
cinéma live projeté comme de
la musique, avec des projectionnistes qui
manifestent une spontanéité
d'instrumentistes. Cet esprit
d'improvisation abouti est mis au service
de compositions extrêmement
répétées et
l'empathie sur scène vise aussi
souvent la subversion des attentes que
l'affirmation joyeuse d'un travail de
musique collective. Il est évident
que Metamkine appartient à la
tradition du cinéma
expérimental, une tradition qu'ils
contribuent à approfondir en jouant
comme un groupe musical."
Tom Cora, programme Festival
Klangspuren, Schwaz (Autriche), septembre
1996.
Traduit de l'anglais par Cécile
Wajsbrot.
"Comme moi, ils ne cherchent pas
à fonctionner en autarcie mais
à minimiser leur dépendance.
En manipulant les matériaux, les
projecteurs, les morceaux de pellicule,
ils pratiquent une forme d'engagement
à la fois très nouvelle et
en rapport avec la scène
alternative américaine des
années 60. J'aime leur violence,
l'énergie qu'ils déploient
pour cela, ce mélange d'amour pour
les choses du cinéma et de
mépris pour ce qu'il est
devenu".
Robert Kramer
CV
Christophe AUGER. Né le 13 avril
1966. Vit à Cras (38). Membre
fondateur de la Cellule d'Intervention
METAMKINE. Etudes de lettres de 1986
à 1988. Technicien de laboratoire
photographique professionnel de 1989
à 1995. Photographie
expérimentale depuis 1986,
formation autodidacte : affiches,
pochettes de disques, press-book et
expositions. Membre de Art Toung !
(programmation de cinéma
expérimental au 102, rue d'Alembert
à Grenoble) de 1990 à 1995.
Depuis 1988, réalise en autodidacte
des films expérimentaux en super 8
et 16mm. Participe à divers
workshops ou stage de formation
cinéma pour enfants et adultes.
Membre fondateur des "Ateliers MTK",
laboratoire cinématographique
artisanal à Grenoble de 1992
à 1998. Co-fondateur, en 1999 de
l'Atelier "Ad libitum", consacré
à la restauration de films
expérimentaux et à la
recherche sur l'image et le son.
Xavier QUÉREL. Né le 7
décembre 1966. Vit à
Grenoble. Cinéaste, formation
autodidacte. Réalise des films
expérimentaux (super 8 et 16mm)
depuis 1990. Membre de la "Cellule
d'Intervention METAMKINE" depuis 1990
(groupe qui présente des
performances où musique et film
sont travaillés en direct). Membre
de "Art Toung !" depuis 1990
(programmation de cinéma
expérimental au 102, rue d'Alembert
à Grenoble). Co-fondateur en 1992
des "Ateliers MTK", laboratoire
cinématographique artisanal
à Grenoble : développement,
tirage et trucage de films S8 et 16mm.
Concepteur et animateur de divers ateliers
cinéma menés en milieu
scolaire (école primaire,
collège ou lycée). Participe
en tant qu'intervenant à divers
workshops, universités
d'été ou stages de formation
cinéma pour adultes ou
étudiants. Travaux
cinéma/lumière pour le
spectacle vivant, notamment, depuis 1995
avec le groupe "Ici-Même" :
regroupement d'artistes aux
activités diverses qui propose des
recherches où scénographie,
son, geste, mouvement, image et
lumière sont travaillés
conjointement, la plupart du temps dans
des lieux particuliers (friche
industrielle, champs, parking, rue, cour
intérieure.).
Jérôme NOETINGER.
Né le 25 avril 1966. Membre
fondateur de la Cellule d'Intervention
Metamkine. Dirige le label de musique
concrète Metamkine et s'occupe d'un
catalogue de vente par correspondance
spécialisé dans les musiques
électroacoustiques et
improvisées. Membre du
comité de rédaction du
magazine trimestriel Revue &
Corrigée. Compose des musiques
concrètes en studio. Travaille sur
scène avec un dispositif
électroacoustique regroupant
magnétophones à bande, table
de mixage, synthétiseurs
analogiques, électroniques,
micros-contacts, hauts-parleurs.
Réalise également des
conférences, des animations ou des
ateliers. Autres projets : Duo avec Lionel
Marchetti depuis 1993. Membre du MIMEO
depuis 1997. Quintet Avant avec Lionel
Marchetti, Jean Pallandre, Marc Pichelin
et Laurent Sassi.
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